Note 22

Monde* : ou deux visions du monde en 2013 à Nantes Capitale verte de l'Europe. Les forums sociaux mondiaux représentent avant tout un refus de ce monde. « Soyons le changement que nous voulons voir pour l' Europe 2030 dans le monde » car « nous sommes l'Europe en le monde ». « Soyons le changement que nous voulons voir dans le Monde "... Cette citation de Gandhi est très souvent reprise pour nous encourager à nous engager dans un changement de Société, mais on s'attarde très peu sur son sens profond. Elle sous-tend le principe de non-violence pour changer le Monde, prôné par Gandhi ou Martin Luther King. La non-violence représente un axe d'action collectif privilégié pour accélérer le changement vers un Monde plus durable et plus juste. Mais ceux qui l'incarnent rappellent que la non-violence suppose avant tout un changement intérieur. Cette non-violence implique une vision non duale. Le conflit ou problème qui existe devant nous est aussi et avant tout présent à l'intérieur de chacun de nous. "Nous sommes le Monde", dit Jiddu Krishnamurti dans le même sens. Il n y a pas l'autre, l'ennemi, le faux, le mal et moi, le vrai et le bon. Il y a avant tout des personnes qui souffrent d'un conflit intérieur et dont la manifestation est extérieure. Il faut prendre conscience de ces éléments si l'on veut arriver à lutter efficacement suivant les principes de la non-violence. Accepter ses propres limites et contradictions, ses peurs et les voir chez l'autre, sentir sa propre souffrance et ses faiblesses chez soi comme chez l'autre et vouloir les réconcilier pour les dépasser. Comprendre l'utilité de ces contradictions, leur complémentarité, leur nécessité pour appeler à l'action et à la réalisation d'un idéal supérieur, tout comme la plante se nourrit du compost.


Les deux mondes et «le monde n'est pas une marchandise !» On assiste à deux aspects du monde, à deux projets de civilisation et à deux échelles de valeurs qui s'affrontent de façon antagonique, parfaitement irréconciliable au seuil du XXIème siècle pour une «humanisation du monde - Sant'Egidio » «le travail pour la paix dans un monde multipolaire et déstructuré... rend nécessaire la synergie de toutes les énergies possibles... l'approche en synergie dans les processus de paix est essentielle pour donner une réponse aux grandes questions qui se posent au cours d'une négociation: c'est le nœud des garanties. La présence, au niveau institutionnel, des États, des Organisations Internationales, donne des garanties aux parties belligérantes... Une telle option se révèle également nécessaire dans le cadre du processus d'apprentissage de la démocratie. Il s'agit d'un long travail qui requiert le passage par l'acceptation du pluralisme politique, culturel, ethnique et religieux d'un pays. Au cours du processus de paix, il est fondamental de passer d'une culture de la guerre à une culture de la politique. Dans chaque conflit, il existe un problème de la «pathologie de la mémoire qu'il est nécessaire d’aplanir au cours des négociations par une adaptation à la vie civile et à la démocratie». Fondateur de Sant'Egidio et membre du gouvernement Monti au Ministère Coopération Internationale et Intégration.